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Pour faire bref, Emily Elizabeth Dickinson, dite Emily Dickinson, est
l’une des poétesses américaines les plus connues du 19ème siècle et a pour
ainsi dire vécu toute sa vie à Amherst, Massachusetts (10 décembre 1830 –
15 mai 1886). Cadette d’une fratrie de trois, si elle répugnait à
recevoir qui que ce soit cela ne l’empêchait pas d’entretenir des amitiés par
correspondance.
Pour la petite anecdote, outre son penchant pour les vêtements
blancs, Emily Dickinson n’avait publié que très peu de poèmes de son vivant,
moins d’une douzaine sur près de mille huit cents, autant dire une broutille.
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To keep it short,
Emily Elizabeth Dickinson, known as Emily Dickinson, is one of the most
famous American poetesses of the 19th century and lived her whole life as it
were in Amherst, Massachusetts (December 10, 1830 – May 15, 1886). Second of three siblings, if she was reluctant to receive anyone it didn’t
prevent her from carrying out friendships by correspondence.
On a side note,
besides her having a liking for white clothing, Emily Dickinson only ever
published but a few of her poems in her lifetime, less than a dozen out of nearly a
thousand and eight hundreds poems, that is to say a mere trifle.
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Si dès 1890, parties de son œuvre furent publiées par deux de ses
connaissances – Thomas Wentworth Higginson (1823 – 1911), son mentor et
Mabel Loomis Todd (1856 – 1932) – ses poèmes ont été largement modifiés voire
réécrits pour correspondre aux standards de ponctuation et de majuscule de la fin 19ème siècle.
Entre 1914 et 1945, Martha Dickinson Bianchi (1866-1943) a publié
plusieurs recueils en s’appuyant sur les manuscrits de sa tante conservés par
sa famille, tandis que Millicent Todd Bingham (1880-1968) elle s’est basée
sur les manuscrits par sa mère Mabel Loomis Todd. Cependant, les poèmes sont
encore largement modifiés.
Grâce à un travail rigoureux de Thomas Herbert Johnson, c’est en 1955
que fut publiée une première édition complète et rigoureuse en trois volumes
des poèmes d’Emily Dickinson : The Poems of Emily Dickinson (1775
poèmes).
Les poèmes sont quasiment sous leur forme originale et conservent
ainsi les spécificités propre à la poétesse : tirets, majuscules
irrégulières, style souvent extrêmement elliptique. Ils n’ont pas de titre et
sont numérotés selon un ordre chronologique approximatif. Il reste toutefois
quelques traces des modifications apportées par Todd et Higginson.
C’est enfin en 1998 que Ralph W. Franklin a publié l’édition la plus
complète en trois volumes également de l’œuvre d’Emily Dickinson : The Poems of Emily Dickinson, Variorum Edition (1789 poèmes).
Les poèmes sont sous leur forme originale, retranscrits via
fac-similés et numérotés suivant leur ordre chronologique.
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If from 1890, parts
of her works were published by two acquaintances of hers – Thomas Wentworth
Higginson (1823 – 1911), her mentor and Mabel Loomis Todd (1856 – 1932) – her
poems were extensively edited if not rewritten in order to match the
punctuation and capitalization standards of the late 19th century.
Between 1914 and
1945, Martha Dickinson Bianchi (1866-1943) published many collections based on the manuscripts of her aunt kept by her family, whereas Millicent Todd Bingham (1880-1968)
based her collections on the manuscripts kept by her mother Mabel Loomis
Todd. However, the poems are still extensively edited.
Thanks to a
scholarly work of Thomas Herbert Johnson, the first complete and thorough
three-volume edition of Emily Dickinson’s poems was published in 1955: The Poems of Emily Dickinson (1775 poems).
The poems were
nearly in their original form and therefore held the peculiar specificities
of the poetess: dashes, irregularly capitalizations, often extremely
elliptical style. They have no title and are numbered in an approximate
chronological order. Yet, traces of the edited version of Todd and Higginson
still remain.
It’s finally in 1998
that Ralph W. Franklin published the most complete edition of Emily
Dickinson’s work, also a three-volume edition: The Poems of Emily Dickinson, Variorum Edition (1789 poems).
The poems are in
their original form, transcribed from facsimiles and numbered according to
their chronological order.
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Voici six poèmes choisis d’Emily Dickinson, chacun est précédé de la
numérotation de Franklin, l’année établie par Franklin et de la numérotation
de Johnson. Ils ont tous été écrits à Amhrest, Massachusetts.
La traduction française m'est entièrement propre, je n'ai lu aucune des traductions déjà existantes. |
Here are six chosen poems
of Emily Dickinson’s, each preceded by the Franklin numbering, the year
established by Franklin and the Johnson numbering. All of them were written
in Amhrest, Massachusetts.
The French translation is entirely mine, I have read none of the already existing translations. | ||
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Fr20, 1858 (J29)
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Si ceux que j’aimais étaient perdus
La voix du Crieur m’alerterait —
Si ceux que j’aimais étaient retrouvés
Les cloches de Gand sonneraient —
Ceux que j’aimais seraient-ils au repos
La Pâquerette m’orienterait.
Philippe — alors que troublé
Avec lui son mystère emportait !
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If those I loved
were lost
The Crier's voice would tell me— If those I loved were found The bells of Ghent would ring— Did those I loved repose The Daisy would impel me. Philip—when bewildered Bore his riddle in! | ||
Fr137, 1860 (J74)
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Une Dame rouge — au milieu de la Colline
Son secret annuel conserve !
Une Dame blanche, au sein du Champs
Dans un Lys placide sommeille !
Les Brises ordonnées, avec leurs Genêts—
Balayent val — colline — arbre!
Fi donc, Mes belles Compagnes !
Quel attendu ce peut-il être ?
Les voisins n’ont encore nul soupçon !
Les bois échangent un sourire !
Verger, Bouton d’Or, Oiseau —
En un moment si réduit !
Pourtant, quelle paix sur le Paysage règne !
Quelle nonchalance sur la Haie !
Comme si la « Résurrection »
N’était rien de très extraordinaire !
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A Lady red—amid the
Hill
Her annual secret
keeps!
A Lady white, within
the Field
In placid Lily
sleeps!
The tidy Breezes,
with their Brooms—
Sweep vale—and
hill—and tree!
Prithee, My pretty
Housewives!
Who may expected be?
The neighbors do not
yet suspect!
The woods exchange a
smile!
Orchard, and
Buttercup, and Bird—
In such a little
while!
And yet, how still
the Landscape stands!
How nonchalant the
Hedge!
As if the
"Resurrection"
Were nothing very
strange!
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Fr233, 1861 (J204)
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Balafre de Bleu ! Étendue de Gris !
Quelques macules écarlates — de passage —
Composent un Ciel à la Tombée du Jour —
Une pointe de pourpre — immiscée çà et là —
Quelques Pantalons Garance — empressés —
Vague d’Or — Berge d’une Journée —
Ceci forme juste le Ciel à la Pointe du Jour !
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A slash of Blue! A
sweep of Gray!
Some scarlet patches
— on the way —
Compose an Evening
Sky —
A little purple —
slipped between —
Some Ruby Trousers — hurried on —
A Wave of Gold — A
Bank of Day —
This just makes out
the Morning Sky!
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Fr278, 1862 (J1212)
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Un mot périt une fois dit
D’aucuns disent —
Je dis que sa vie a tout juste commencé
Ce jour-là.
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A word is dead when
it is said
Some say —
I say it just begins to live That day. | ||
Fr579, 1863 (J683)
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L’Âme envers elle-même
Est une impériale amie —
Ou l’Espion le plus moribond —
Que pourrait envoyer — un Ennemi —
Prémunie contre la sienne —
Nulle traîtrise elle ne saurait craindre —
Elle-même — sa Souveraine — Face à elle-même
L’Âme doit faire montre de Révérence —
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The Soul unto itself
Is an imperial friend — Or the most agonizing Spy — An Enemy — could send — Secure against its own — No treason it can fear — Itself — its Sovereign — Of itself The Soul should stand in Awe — | ||
Fr1109, 1866 (J1079)
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Le Soleil descendit — nul Homme regarda —
La Terre et Moi, seules,
Étions présentes à la Majesté —
Il triompha, et s’en alla —
Le Soleil s’éleva — nul Homme regarda —
La Terre et Moi et Unique
Un Oiseau sans nom — un Etranger
Furent les Témoins de la Couronne —
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The Sun went down —
no Man looked on —
The Earth and I, alone, Were present at the Majesty — He triumphed, and went on — The Sun went up — no Man looked on — The Earth and I and One A nameless Bird — a Stranger Were Witness for the Crown — | ||
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